jeudi , 19 avril 2018
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Formation – Emploi Un souci d’adaptation

Formation – Emploi Un souci d’adaptation

La situation que nous vivons à l’heure actuelle est assez curieusement placée sous le signe d’une apparente contradiction.

Dr Jihene Makni experte en Gestion de l’Entreprenariat

D’une part, il est fait à l’Education nationale un grand reproche pas toujours infondé, même si on le considère comme exagéré, d’inadaptation à la fois quantitative et qualitative de ses formations. D’autre part, un immense espoir s’exprime, une espèce de foi mythique, une convention que la formation est salvatrice dans l’ordre économique, et cela n’est pas d’ailleurs sans générer quelques inquiétudes, tant cette conviction est communément répandue et demanderait peut-être de notre part plus qu’il n’est possible de donner. Le problème de l’adaptation de la formation à l’emploi est ancien. Ce qu’il y a de nouveau, c’est qu’on en parle aujourd’hui plus simplement, plus clairement et que les partenaires de la Formation Professionnelle sont bien davantage prêts à s’engager. Ce souci d’adaptation, qui a déjà conduit à des prises de position (lesquelles iront en se multipliant), la place souvent en présence de contradictions difficilement gérables.

 Difficultés pour actualiser les formations

  • Connaître les politiques de main-d’œuvre des entreprises

La première difficulté réside dans l’appréciation des demandes des partenaires. Nous nous apercevons de plus en plus que les réponses aux questions sur les besoins quantitatifs et qualitatifs de formation suffisent peut-être pour déterminer les choix de création ou de suppression de diplômes nationaux, mais ne peuvent pas, en revanche, être un guide suffisant pour les choix d’implantation de formations. Pourquoi ? Parce qu’en réalité, ce qui est le plus important, c’est de prendre en compte les développements ou les régressions possibles des larges champs de l’activité économique, beaucoup plus que de réfléchir à propos de formations très circonscrites. Ainsi, ce qui importe, c’est l’évolution vers un niveau de formation que l’on estime devoir être nécessaire de dispenser à la lumière de ce que sont les politiques de recrutement des entreprises, information qui nous a manqué jusqu’à présent.

Je prendrai un exemple : on peut avoir des secteurs en récession économique qui procèdent à une diminution de personnel non qualifié, non formé, mais embauchent des personnels formés. Ce qui intéresse le Ministère de Formation Professionnelle, c’est de savoir si les recrutements qui seront effectués porteront sur des jeunes sortant de l’appareil scolaire.

  • Préparer les jeunes à exercer leur métier

Deuxième observation à souligner : il n’est pas certain que l’idée souvent développée selon laquelle chacun aura à exercer deux ou trois métiers traduise désormais la réalité des choses. Il s’agit d’un même métier ou d’une même grappe de formations professionnelles qui peut s’exercer tantôt en petites et moyennes entreprises, tantôt en grandes entreprises : ce qui est en cause, c’est la transformation des modalités d’exercice d’une formation professionnelle de départ. Et cela, nous devrons, certes, en tenir compte.

  • Améliorer le délai de réponse entre la conception d’une formation et son engagement

Pour le Ministère concerné, il existe un réel problème de délai de réponse. Ce délai comprend la phase de préparation de la formation, la phase de décision d’implantation, enfin la phase de la formation elle-même. Ce délai de réponse,  est de l’ordre de deux à trois ans : il y a là un problème majeur sur lequel il faut se pencher.

 Recommandations pour l’adaptation des formations

  • Des baccalauréats professionnels pour répondre aux besoins immédiats des entreprises

A l’intérieur de la loi-programme sur les enseignements techniques, la création d’un nouveau diplôme, le baccalauréat professionnel, permettra sans doute des poursuites d’études, mais il sera surtout orienté vers les besoins immédiats de nos entreprises.

  • Le développement des formations complémentaires

Le développement des formations complémentaires doit permettre une adaptation plus fine aux besoins des entreprises. Cette orientation pourrait donner des résultats tout à fait exceptionnels et satisfaisants.

  • Les formations complémentaires : des réponses rapides aux besoins locaux

Ces formations complémentaires ne sont pas seulement pour nous la réponse à un problème rapide. Elles sont également la solution pour réaliser les adaptations locales des formations qualifiantes nationales. Enfin, elles sont peut-être la voie pour assurer la combinaison entre la nécessaire mobilité de la main-d’œuvre et la nécessaire prise en considération des besoins locaux.

  • Les jumelages écoles-entreprises, moyen privilégié de dialogue avec l’économie

Il n’y a pas là le sacrifice à quelques démonstrations de façade, de relations qui d’ailleurs existaient depuis longtemps déjà. C’est l’occasion de l’interpénétration du monde de l’activité de production. C’est là, et nulle part ailleurs, que se trouve le creuset de réflexion sur l’évolution de nos qualifications.

En conclusion, affirmons une fois encore la volonté que nous avons de faire que l’impulsion déjà donnée à la relation de l’économie et de la formation connaisse encore un nouveau développement.

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